Panama pas peurs !!!

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Voilà un moment que nous avons quitté le Costa Rica par la côte caraïbes, après plus d’un mois et demi de découvertes, de bonheur et… de quelques déconvenues. Nous sommes arrivés au Panama en passant par le poste frontière de Sixaola, où, après une fouille de l’ensemble de nos sacoches, ce qui nous a d’autant plus surpris qu’un traitement de faveur était appliqué aux participants des Journées Mondiales de la Jeunesse se déroulant dans tout le pays quelques jours plus tard, nous avons emprunté la seule roule possible pour descendre vers le sud et nous amener à Almirante, ville aussi peu accueillante d’un point de vue touristique que Sixaola.  Nous cherchons un endroit pour nous sustenter et, du même coup,  faire des recherches pour la suite de nos aventures. Or, ici, point de wifi, point de cyber cafés, nous voilà revenus à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !

Nous avons déja roulé 54 kms pour arriver à Almirante. Chériqui Grande, la ville suivante, par la route, est au moins 75 kms, mais cette fois avec un dénivelé bien sympa, autant dire que notre motivation pour remonter sur les vélos, elle, n’atteint pas des sommets. Il nous reste une alternative, Bocas Del toro, à 30 minutes par bateau ! Héloïse a une bien meilleure idée que moi de ce qui pourrait nous attendre sur ce chapelet d’îles des caraïbes : c’est quasi tout le temps elle qui collecte des informations sur les villes ou régions que nous allons traverser, et c’est un sacré boulot !! Nous décidons donc de mettre les vélos dans une petite embarcation et nous voilà en train de voguer vers l’inconnu, tel des C.Colomb des temps modernes (quoi ? j’en fait un peu trop ??).  Il est 15 heures, nous posons nos roues à Bocas.

Notre première impression est…excellente : ici l’ambiance est détendue, les rues colorées, les petits hotels bon marché courants et les restaurants sympas pullulent ! C’est d’ailleurs dans l’un d’entre eux, tenu par trois français, que nous allons faire une pause wifi, afin d’organiser la suite de la journée, et de nous désaltérer avec un bon jus d’ananas !! Le cadre est superbe car la terrasse, située sur un ponton surplombant une mer translucide, nous offre une belle vue sur l’île voisine. Initialement, nous ne pensions rester qu’une nuit à Bocas, le Panama n’étant pour nous qu’un pays de transit vers la Colombie, ce ne sera pas le cas.

En effet, nous allons de bonnes surprises en belles rencontres : l’île de Bocas offre des belles plages quasi désertes où l’on peut s’amuser dans les vagues. C’est d’ailleurs un endroit mondialement reconnu pour la qualité de ses spots de Surf : cela entraine pas mal de tension entres les locaux et les surfeurs venus de l’extérieur, d’autant plus que beaucoup se prennent pour des champions, ce qui est loin d’être le cas (info recueillie auprès d’un surfeur français, Thomas, connaissant bien l’endroit). Ces champions ne respectent plus les règles tacites de ce sport : chacun son tour sur la vague, selon l’ordre d’arrivée, et ne surfer que les vagues de son niveau.

Bocas offre aussi des récifs coraliens invitant à la plongée, des îles sauvages où l’on peut voir des paresseux et toutes sortes d’oiseaux mais aussi des étoiles de mer en nombre. Lors d’une excursion à la journée organisée par Sophie, une française expatriée, nous avons eu aussi la chance de croiser des dauphins, l’un d’entre eux est même venu s’amuser dans les vagues de notre bateau !! Bocas invite aussi ses hôtes à…prendre le temps de ne rien faire, à « chiller », comme disent les plus jeunes, ce qui doit aussi expliquer pourquoi nous y sommes restés au final 10 jours !! Même si la dernière prolongation de deux jours s’explique par…un coup de machette sur mon doigt lors de l’ouverture d’une noix de coco, m’obligeant à visiter l’hopital local, où, à notre grand étonnement, les soins sont gratuits pour tous ! Que les journées passent vite à Bocas Del Toro !!

Après un petit tour de bateau, nous revoilà sur la Panamérica en direction de Chiriqui Grande. La circulation n’est pas aussi dense que nous le pensions, la route est de bonne qualité, ce qui nous permet d’avaler les 1200 mètres de dénivelé positif et les 81 kms de la journée sans trop de difficultés. Les endroits pour s’arrêter sont rares tout comme les magasins pour se ravitailler en eau fraîche, les points de vues quasi inexistants, alors nous roulons à bonne allure et arrivons vers 18 heures à destination où nous avons le bonheur de trouver un charmant petit hotel situé à l’entrée de la ville et en face…d’une raffinerie !! Chiriqui Grande est, comme les autres villes de notre périple panaméen jusqu’ici, en dehors de Bocas, une ville sombre, peu accueillante, un peu inquiètante même à la tombée de la nuit, nous ne nous y éternisons pas après avoir fais quelques courses dans l’un des supermarchés. Petite particularité du Panama : tous les « mercados » sont tenus par des asiatiques, sans exception, ce qui peut paraître étonnant dans un pays d’Amérique Centrale. Nous apprendrons par la suite que la Chine et le Panama ont une histoire commune de longue date, nous avons entendu parler d’une « idylle » ayant débutée il y a plus de 150 ans…sans réussir à le vérifier.

Le lendemain, c’est une pluie drue qui nous accueille au réveil, nous prenons le temps de petit déjeuner afin de la laisser passer et c’est sur une route ensoleillée que nous prenons la direction de David. N’ayant pas réussi à trouver suffisamment d’informations pour être sereins à vélos, notamment sur des lieux de bivouac et des endroits où nous ravitailler, c’est en pickup que nous traverserons les montagnes. Ce fut une décision difficile à prendre, mais celle-ci s’avèrera judicieuse : aucune source d’approvisionnement en eau accessible le premier des deux jours nécessaires pour traverser la cordillère…afin de nous retrouver pour la seconde fois du voyage du côté pacifique de l’isthme.

Nous passerons la nuit à David dans une auberge de jeunesse très sympa. Nous profiterons du patio avec cuisine extérieur et piscine en étant entouré de chats, d’un chien et, au petit déjeuner, d’un coati !! David ne fut qu’une ville étape, nous n’avons pas pris le temps de la visiter. C’est surtout un point de passage obligé pour se rendre au volcan Barù ou encore pour remonter vers le Costa Rica. Le lendemain matin, retour sur la Panamérica en direction de Panama City, pour plus de 440 kms d’une route quasi rectiligne, parfois vallonnée, souvent avec un fort vent de face. Je ne développerai pas plus ici cette partie du voyage car…il n’y a pas grand chose à dire, en dehors de notre rencontre avec Filbo, un cyclo-voyageur allemand en route vers le Costa Rica, ayant commencé son aventure depuis avril 2016 !! Nous avons échangé quelques bons plans; quelques dollars contre ses pesos mais aussi les coordonnées de nos blogs, voici le sien : https://filboscycletravel.wordpress.com. Ce fut là l’une des seules raisons de se réjouir, je n’avais pas connu un tel sentiment de lassitude depuis la véloroute reliant Bordeaux à l’atlantique. J’allais oublié la cerise sur le gâteau, car en plus d’être soporifique, la panamerica est aussi piégeuse et nous a gratifié de notre première crevaison. Le plus étonnant est que c’est Héloïse qui en a eu le bénéfice alors qu’elle a le vélo le moins chargé et les pneus les moins usés…allez comprendre !!

Nous avons mis six jours pour arriver à Panama City, par la route de l’ennui, et sommes contents que cela se fasse par la vieille ville. Le « casco viejo » nous attire fortement, autant qu’une tête de manifestant attire une matraque d’un CRS !! C’est donc dans une auberge de jeunesse du quartier Balboa (Adriennnnneeee, ok je sors), proche de là, que nous avons choisi de poser nos sacoches. Ce choix fut le bon, notamment grâce à Félipe, le gérant, dont la bienveillance n’a d’égale que sa gentillesse, merci à lui. Nous découvrons Panana City par son quartier ancien, mélange de maisons coloniales pimpantes et de ruines dont parfois il ne reste que la façade : cet endroit calme est magnifique sous le ciel azur. Nous visiterons également le musée du canal interocéanique mais aussi les écluses de Miraflores, nous permettant d’en savoir plus sur cette ville sulfureuse et apprendrons notamment l’échec Français sur le chantier du canal et les affaires de corruption qu’il a révélé… décidément, les temps changent, pas les hommes… politiques !!

Nous nous rendrons aussi dans un endroit magnifique, temple de la surconsommation et de l’obsolescence programmée, le centre commercial d’Albrooks !! Nous espérons y trouver éventuellement un appareil photo, celui-ci nous faisant cruellement défaut depuis bien trop longtemps ! Alors que nous marchons tranquillement, nous passons brutalement du centre ville avec son métro et ses petits commerces à une rue sombre mêlant carcasses de voitures et détritus en nombre. Depuis le début de notre périple, il est courant de voir la plus grande misère cotoyer l’exubérante richesse, nous continuons donc notre route, sans y voir le danger pointer le bout de son nez. En effet, quelques centaines de mètres plus loin, une dame s’adresse à nous et nous fait comprendre qu’il ne faut pas aller plus loin, que l’endroit n’est pas fréquentable pour quiconque est extérieur au quartier. Alors que nous avançons de quelques pas, nous voilà devant un poste de police protégé par une grille n’ayant rien à envier à Alcatraz. L’agent en faction nous intime l’ordre d’entrer et ouvre la porte fermée… par une paire de menottes !! Voilà le début d’une période remplie d’incertitude et de doute : doit-on faire confiance aux représentants de la force publique tout en sachant que bon nombre d’entre eux sont corrompus ? Nous tentons de garder bonne figure et m’arrange, dans le même temps, pour ne pas nous retrouver « enfermés » à l’intérieur de ce sinistre lieu !!  L’officier nous explique que le quartier que nous nous apprêtions à traverser n’est, ni plus ni moins, que l’équivalent d’une favela, que les crimes par armes à feu sont monnaies courantes… séquence frisson. Il nous indique avoir appelé une voiture de patrouille et que celle-ci va nous sortir de cette situation peu envieuse : après une attente nous paraissant interminable, nous montons dans le véhicule, les deux agents ne nous adressent même pas un regard. Je mets le GPS en route pour m’assurer que notre chauffeur se dirige dans la bonne direction, ce qui sera le cas, et c’est fortement soulagé que nous arrivons devant les portes du centre commercial : cela fait bien longtemps que nous n’avons pas été autant ravi d’être dans un lieu de débauche…consumériste !!! Le pire dans tout cela est que nous ne trouverons même pas ce que nous sommes venus chercher…

Le lendemain, après un passage par le quartier administratif fortement marqué par le canal, nous voilà de retour dans le « casco viejo ». La balade fut sympa car marquée par de superbes bâtisses mais également par de jolis espaces verts. Nous prenons ensuite la direction du Panama City moderne, en passant par le bord de mer où de très beaux espaces de promenade et de détente ont été aménagés. Ce sera là d’ailleurs notre seul point de contentement, le reste n’étant que concours de celui qui aura la plus grosse… construction, dans des styles architecturaux parfois surprenant. C’est vrai qu’avoir beaucoup d’argent (à blanchir ??) n’octroie pas forcément le bon goût !! En contrepartie de cela, nous voilà donc dans un quartier offrant une sécurité de premier ordre, il ne faudrait tout de même pas que les touristes et locaux fortunés soient dérangés durant leur frénésie d’achat, non mais !! C’est pourtant à l’orée de ce quartier privilégié que je vais connaître une nouvelle mésaventure : un pickpocket s’est amouraché de mon téléphone et ils partiront, sans mon consentement, de leur côté, me laissant orphelin de maintes applications bien utiles en voyage, mais aussi de nombreuses photos et, le plus important, de tout mon répertoire… séquence désarroi. Nouveau contact avec la police, du tourisme cette fois, qui après un long moment nous dira tout simplement que, pour deux raisons, rien ne sera fait pour moi : premièrement, le vol n’a pas été commis avec violence (ah zut, si j’avais su je me serai mis un coup de machette !!!) et, deuxièmement, mon portable ne coûte « que » 350 euros (ah re-zut, j’aurai dû acheter le nouveau I-Samsung-Huawei X18 !!), pas assez cher mon fils !!

Nous resterons deux jours de plus à Panama City afin, de trouver un nouveau téléphone. Mais ici, rien pour les baroudeurs à un prix correct. Nous quittons donc, plus légers, la capitale pour nous rendre à Portobelo, du côté caraïbe, afin de monter dans  le bateau qui nous amènera en Colombie. Nous ne le savons pas encore mais voilà encore une belle aventure qui nous attend !!

 

 

7 commentaires sur “Panama pas peurs !!!

  1. Salut c’est encore nous les cyclistes en voiture du Costa Rica. Heureux d’avoir de vos nouvelles on était un peu inquiets. Votre prochaine épreuve on la connait c’est de vous faire braquer. Alors un conseil: ayez chacun dans votre sacoche avant, un porte monnaie avec 50€ environ. Et dans ce cas: pas de discussion, vous donnez! Ça ne nous est arrivé qu’une fois en trente ans. Mais bon, le monde ne s’améliore pas. Courage, au Chili vous vivrez des moments merveilleux en toute sécurité ! On vous embrasse. Claude et André

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    1. Bonjour !! Merci du conseil que l’on va suivre afin de nous éviter tout décès prématuré…on aimerait bien voir la fin du voyage !! Si vous avez des conseils concernant la Colombie, l’Equateur, la Pérou, la Bolivie ou le Chili, nous sommes preneurs ! Nous espérons que tout va bien pour vous , au plaisir ! Héloïse et Christian

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  2. Justement, j’aurais carrément une question sur la Panaméricaine : comment vous avez fait ? On a vu la route, on a abandonné l’idée de prendre nos vélos. Elle est ultra flippante cette route, les gens roulent beaucoup beaucoup trop vite au Panama. Mais il y a plein de belles plages le long de la route par contre.

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    1. Bonjour, nous avons roulé de la frontière Costaricaine à Panama City sur la Panaméricaine et nous nous sommes sentis moins en danger que sur la portion Arenal/Limon au Costa Rica. La route est assez large et nous avions quasiment tout le temps une large bande « cyclable » pour nous permettre d’être assez loin des voitures, bus et autres camions. Par contre, le parcours est d’un ennnui abyssal et fort chargé en détritus en tout genre…d’où notre première crevaison du voyage. Nous avons fait les 40 derniers kilomètres en taxi car nous savions la circulation de plus en plus dense et dangereuse que l’on se rapproche de Panama city. Cordialement. Héloïse et Christian

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